Le couteau de survie, outil incontournable des activités outdoor.

Comme moi, tous les passionnés de bushcraft, de survivalisme, de camping sauvage voire de randonnée vous diront qu’il est indispensable d’avoir toujours avec soi un couteau de survie. Attention, je n’ai pas dit un couteau de chasse, de pêche, ou multifonctions. Le couteau de survie c’est autre chose et tout ça à la fois.

C’est un outil conçu pour réaliser un tas de tâches nécessaires quand on se trouve dans la nature sans autre matériel, et éventuellement pour vous sortir d’un mauvais pas.

Il vous permet par exemple de planter des sardines, de couper des petites ou des grosses sections de bois (coupe à la volée), d’avoir du petit bois pour un feu (bâtonnage), de fabriquer des pieux pour construire un abri, de cuisiner (voire de préparer du gibier), et mille autres choses utiles, voire indispensables. 

Si vous avez un bon couteau de survie, vous arriverez toujours à vous débrouiller. Mais c’est quoi un bon couteau de survie ? C’est celui qui fait le job demandé sans rechigner, qui ne vous lâche pas en cours de route et qui vous protège au maximum. Pour cela, il doit posséder un certain nombre de qualités. Si vous souhaitez directement accéder à mon classement des meilleurs couteaux de survie cliquez-ici.

Bien choisir son couteau de survie

Votre couteau de survie doit être robuste mais léger, polyvalent, et avoir une bonne ergonomie pour être confortable, simple à utiliser et sûr. Il doit s’aiguiser facilement. Pour moi, les critères importants à prendre en compte avant l’achat sont les suivants:

La qualité de l’acier

Il doit être solide et de bonne qualité : l’acier carbone (XC75, 1095 …), l’inox ou l’acier D2, qui est un mix entre les deux.

  • Une lame en acier carbone est solide, présente un tranchant très efficace et s’aiguise très facilement. L’inconvénient de cet acier est qu’il rouille. On le recouvre d’un revêtement protecteur, mais qui finit par disparaître avec un usage prolongé. Bien sûr, pas de passage au lave-vaisselle ni de séjour prolongé dans l’eau.
  • L’inox ne rouille pas mais il est plus difficile à aiguiser et n’est pas toujours solide.
  • L’acier D2 ne rouille pas, il est bien plus dur que l’acier carbone, mais il est aussi plus difficile à aiguiser.

Je vous conseille une taille de 20 à 25 cm pour plus de polyvalence. Un couteau trop long ou trop court aura moins d’usages différents et sera moins maniable. Cette taille est pour moi un bon compromis.

Personnellement, je préfère les lames fixes et larges d’au moins 4 cm pour avancer plus vite. Une épaisseur de 4 à 5 mm permet une bonne résistance. 

Pour le tranchant, je vous conseille une émouture plate ou partielle (3/4), qui permet une bonne pénétration dans le bois (très efficace pour les coupes à la volée ou le bâtonnage). Je vous conseille aussi un fil convexe (comme sur les haches) : il reste affûté plus longtemps.

Préférez le tranchant simple au double, très difficile à aiguiser et pas forcément utile en situation. 

Je ne conseille pas les larges serrations (dents de requins) sur le dos de la lame. Elles ne servent pas à grand-chose et ce n’est pas génial pour bâtonner. Mais quelques petites placées à l’arrière (thumb grip) peuvent être utiles pour avoir un meilleur contrôle de la lame (en y plaçant le pouce) pour les travaux de détail.

Pour la pointe, ma préférence va à la bourbonnaise, assez arrondie. Cette forme permet de bien creuser et sculpter le bois, ce qu’on a souvent besoin de faire sur le terrain. 

Si le dos de la lame présente des arêtes vives, ce sera plus facile de gratter un fire steel et d’obtenir des étincelles.

Sur certains couteaux de survie, on trouve une indentation (finger groove) au bas et à l’arrière de la lame. En y plaçant le pouce, on a une meilleure prise et un meilleur contrôle.

Enfin, je conseille vivement une plate semelle, qui rend le dessus du couteau très résistant. On peut alors taper sur le manche sans risque de le casser, pour des tâches de bâtonnage par exemple.

Une garde de bonnes dimensions évitera que votre main glisse vers le fil, la fatigue ou l’humidité aidant.

Un pommeau (ou talon) dépassant en acier permet de se servir du couteau comme d’un marteau, ou de le dégager en tapant dessus s’il est coincé dans le bois. 

Il doit être solide et assurer une bonne prise en main. Une bonne ergonomie est essentielle pour que le couteau reste sûr et confortable même en cas d’utilisation prolongée. Le manche doit donc être conçu pour bien s’adapter à la main et les plaquettes doivent fournir une adhérence satisfaisante.

Pour les plaquettes, préférez le bois, le G10 ou le Micarta, et un robuste montage rivets/colle.

  • Le bois est esthétique, mais il demande de l’entretien, craint l’humidité et il est facilement glissant. 
  • Le G10 est une fibre de verre trempée dans une résine, comprimée et durcie. Léger, il ne demande pas d’entretien, mais il est cassant et peu esthétique.
  • Le Micarta est un stratifié solide et léger à base de fibres et de résines diverses. 
  • Ces deux derniers matériaux permettent d’obtenir une très bonne adhérence.

Je déconseille les manches creux. À la mode dans les années 80, ils sont moins solides que les manches pleins. 

Il y a 2 types d’étuis : en cuir ou en matière plastique (souvent du Kydex). Le cuir est élégant, on peut facilement en améliorer la rétention en le mettant dans l’eau, mais il s’abîme facilement.

Le Kydex est un PVC. Il ne nécessite pratiquement pas d’entretien, il est léger mais a tendance à perdre de la rétention à l’usage. 

Ceci dit, les étuis étant équipés d’une sécurité pour retenir le couteau, cela est avant tout une affaire de goût.

De nombreux étuis sont fournis avec un fire steel, ce qui est plutôt pratique et évite d’avoir à chercher ce dernier dans le fond du sac à dos quand on veut faire du feu.

Mon top 6 des meilleurs couteaux de survie

Il y a une multitude de couteaux de survie sur le marché, et je ne prétends ni les connaître tous en détail ni avoir la science infuse. Je vais vous parler des 6 modèles qui pour moi sont les meilleurs en vous donnant mon avis d’utilisateur.

Esee 5 : le roi des couteaux de survie

Il est souvent considéré comme le must par les passionnés de survivalisme. Conçu au départ pour les pilotes d’hélicoptère américains en cas de crash, il est extrêmement polyvalent.

Sa lame est en acier carbone 1095, solide et facile à affûter, et pourvue d’un revêtement antirouille. Longue de 13,2 cm, elle est très épaisse (6,5 mm) et résistante.

Les nouveaux modèles ont un manche en Micarta ou en G10 qui assure une bonne ergonomie et une excellente adhérence. Mais il est un peu épais pour les petites mains.

Il y a un drill à l’intérieur du manche pour faire du feu, et le brise-glace à l’arrière s’avère utile pour plein de choses, il sert de marteau par exemple.

Avec ses qualités et son poids de 435 g, c’est un couteau qui inspire confiance.

Son étui d’excellente qualité est en Kydex : robuste, il est pourvu d’un système de verrouillage exclusif, mais même sans ça il offre une très bonne rétention. On peut y adapter une pochette, fournie avec une boîte qui peut contenir un petit kit de survie. On y trouve aussi des symboles internationaux de demande d’assistance.

C’est pour moi le meilleur couteau de survie actuellement. 

Cold Steel « Survivalist »

J’aime beaucoup ce couteau, qui est plein de qualités. Déjà, son nom complet est Cold Steel Drop Forged « Survivalist », ce qui veut dire qu’il est constitué d’une seule pièce d’acier. Il est donc très solide, d’autant qu’il s’agit d’acier carbone 52100, très dur et utilisé pour fabriquer des roulements à bille.

C’est un grand couteau (33 cm de long, 13 cm pour le manche et 20 cm pour la lame), et plutôt lourd : 400 g, et 510 g avec l’étui. 

La lame est épaisse (5,6 mm) et large de 4 cm, avec une pointe assez fine et un revêtement antirouille. Elle a une excellente tenue de tranchant et s’aiguise facilement. Son émouture plate assure une bonne pénétration, et les grosses sections ne lui font pas peur.

Le manche est fin (2,15 cm), avec une garde assez grande. Les plaquettes sont fixées par vissage, elles sont en FRN (nylon renforcé à la fibre de verre), très résistantes et légères. Elles accrochent très bien, peut-être même un peu trop : ça devient presque abrasif au bout d’un moment. 

Autre petit reproche : le retour situé au bas du manche n’est pas très confortable à l’usage, et ça finit par faire mal au petit doigt. Je conseille donc de « coincer » cette pièce entre l’annulaire et l’auriculaire.

Son étui est en Secure-Ex. C’est une matière plastique mais d’une très bonne qualité. On sort le couteau et on le remet dans l’étui facilement, et la rétention est excellente.

Pour résumer, c’est un excellent couteau, même s’il n’est pas parfait : le retour du manche est à mon sens mal conçu, et je trouve que la pointe est un peu fine pour un couteau de survie, ce qui me fait dire que le « Survivalist » est plus un couteau tactique ou éventuellement de chasse ou de bushcraft que de survie.

Ceci dit, sa robustesse et son tranchant très résistant font qu’il reste quand même un excellent choix.

Esee 6 RC6P

Ce grand couteau à plate semelle a une longueur totale de 30 cm mais reste très léger (330 g) et maniable, parfait pour les travaux de précision. Il est en acier 1095 et recouvert d’un revêtement antirouille.

Sa lame mesure 16,5 cm avec un tranchant de 15 cm et une épaisseur de 4 mm, ce qui est suffisant pour les travaux sur le terrain. Son émouture plate et sa pointe bourbonnaise lui confèrent une excellente pénétration, et son tranchant rasoir a une très bonne tenue dans le temps. De plus, il est facile à aiguiser.

Au bas de la lame, vous avez un finger groove. C’est une encoche pour le pouce qui permet de mieux contrôler la lame lors des travaux de sculpture par exemple.

Le manche est ergonomique et les plaquettes en Micarta sont bien antidérapantes. Des liners placés entre l’acier et les plaquettes absorbent les chocs pendant les coupes à la volée ou le bâtonnage. L’extrémité est percée pour permettre le passage d’une dragonne.

L’étui est en matière plastique. Ce n’est pas du Kydex mais il est de très bonne qualité, et la rétention est excellente malgré un soupçon de jeu.

C’est vraiment un couteau polyvalent, aussi performant pour les coupes que pour les petits travaux. C’est plus un couteau de camp ou de bushcraft que de survie à proprement parler (par exemple il n’a pas de brise-glace comme le Esee 5), mais il fait bien le job et vous sera d’une grande utilité.

C’est la qualité et le savoir-faire Esee. Et puis rappelons que la marque garantit ses couteaux à vie, ce qui n’est pas rien.

Ka-Bar BK 18

Très solide, performant et agréable à utiliser, ce couteau vous rendra d’immenses services sur un camp, pour les travaux de détail, la cuisine, voire la chasse. Très polyvalent, il est adapté au bushcraft.

Il mesure 23,6 cm pour un poids plume de 195 g. Il est en acier carbone 1095 Cro-Van très résistant, il s’affûte bien et il est recouvert d’un revêtement antirouille.

Il est pourvu d’une lame de 11,5 cm de long et de 4,3 mm d’épaisseur, qui convient tout à fait au terrain. Avec son émouture plate partielle et son tranchant arrondi jusqu’à la pointe, il sépare bien le bois pendant les opérations de refente.

Quant au dos, son thumb grip permet de bien contrôler la lame lors des travaux de détail.

Sa garde très protectrice le rend aussi bien apte à la survie qu’au combat (d’ailleurs ce modèle possède une lame « harpoon » comme certains couteaux de combat).

Le manche est en Zytel, un plastique très résistant, et il est très ergonomique. Mais petit bémol en ce qui me concerne : la main glisse facilement dessus. De plus, il sera sans doute un peu petit pour les très grandes mains.

L’étui est de super qualité, en Celcon, plastique très solide. Il est équipé d’une sécurité, mais la rétention est excellente.

Il est pourvu d’une sangle de ceinture assez rigide qui le rend confortable à porter.

Mora « Garberg »

Ce couteau polyvalent en inox à plate semelle a fait ses preuves. Il est léger et maniable (23 cm pour 173 g et 214 g avec l’étui).

Sa lame mesure 10,5 cm et a 3,3 mm d’épaisseur, avec une émouture plate partielle. Le tranchant est très bon.

Le dos est assez tranchant, ce qui est très bien pour gratter un fire steel.

Le manche en polyamide est ergonomique, très solide et antidérapant. Le pommeau en acier permet de gratter un fire steel.

Quant à l’étui multimount, il est ingénieux. On a un support plastique qui peut être fixé horizontalement ou verticalement sur plusieurs supports, grâce aux bandes Velcro fournies : passant Molle, sac à dos, etc.). On peut aussi le porter autour du cou. La rétention est top et il a une sécurité.

Il a aussi une attache en cuir pour la ceinture et une fente pour l’accrocher à un bouton de veste.

Il est plus fonctionnel qu’esthétique, mais si vous préférez, on trouve aussi un étui plus simple en cuir.

Gerber Bear Grylls

En inox enrichi au carbone, il possède un revêtement antirouille et rendra de nombreux services sur un camp grâce à ses nombreux équipements. Il pèse 388 g pour 26,6 cm de long.

Sa lame à émouture pplate partielle mesure 12,2 cm de long et 4,5 mm d’épaisseur. Très tranchante, elle s’affûte facilement.

Le dos a des arêtes vives idéales pour gratter un fire steel.

La garde est pourvue de 2 trous pour le fixer par exemple sur un bois de lance. Le manche antidérapant fournit une bonne prise en main, et le talon en acier très solide fait usage de marteau. Il a aussi un sifflet de survie, ce qui peut toujours servir.

L’étui est très intéressant. En plastique solide, il est pourvu d’une pièce pour bien retenir le couteau, d’une sécurité avec Velcro (mais la rétention est excellente), et d’une attache de ceinture standard. 

Au dos, on trouve les signes internationaux de demande d’assistance, et sur le dessus, on a un petit fire steel.

On peut ouvrir l’étui : à l’intérieur se cache une petite plaque d’affûtage (une pierre sera toutefois préférable).

C’est un bon allié pour toutes les activités de camp.

Avez-vous trouvé cet article utile ?

Cliquez sur une étoile pour voter !

Résultat des votes 4 / 5. Nombre de votes : 4

Pas encore de vote ! C'est le moment

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici